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Malraux et Monuments historiques : investir dans la pierre de caractère

Restaurer un immeuble ancien d’exception en cœur de ville tout en réduisant fortement ses impôts : c’est la promesse de la loi Malraux et du régime des Monuments historiques. Deux dispositifs très différents, pour des profils différents. Voici comment ils fonctionnent.

Mise à jour : octobre 2026, d’après le Code général des impôts en vigueur.

Malraux ou Monuments historiques : lequel choisir ?

Deux logiques très différentes : une réduction d’impôt plafonnée pour la loi Malraux, une déduction sans plafond pour les Monuments historiques.

Loi MalrauxMonuments historiques
Type d’avantageRéduction d’impôt sur le montant des travauxDéduction des travaux et charges du revenu global
Montant22 % ou 30 % des travauxÉconomie = votre taux marginal d’imposition (jusqu’à 45 % + prélèvements sociaux selon le cas)
Plafond400 000 € de travaux sur 4 ansAucun plafond
Plafonnement des niches fiscalesNon concernéNon concerné
EngagementLocation nue 9 ans (résidence principale du locataire)Conservation du bien 15 ans
Profil idéalContribuable fortement imposé qui veut une réduction d’impôt « sur mesure »Contribuable très fortement imposé, revenus élevés et réguliers
Synthèse simplifiée. Les conditions détaillées figurent ci-dessous.

Les chiffres clés

30 %de réduction d’impôt Malraux en secteur PSMV
400 k€de travaux retenus sur 4 ans (Malraux)
120 k€de réduction d’impôt maximum (Malraux)
15 ansde conservation d’un Monument historique

Réduction d’impôt · article 199 tervicies du CGI

La loi Malraux

La loi Malraux récompense la restauration complète d’un immeuble situé dans un secteur protégé. Vous achetez un lot dans un immeuble à restaurer ; une partie importante du prix correspond aux travaux, et ce sont ces travaux qui ouvrent droit à la réduction d’impôt.

30 %des travaux en site couvert par un plan de sauvegarde (PSMV)

22 %des travaux en site couvert par un PVAP ou restauration déclarée d’utilité publique

400 000 €de travaux retenus au maximum sur 4 ans

9 ansde location nue

Où peut-on investir ?

  • Dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) approuvé : réduction de 30 %.
  • Dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (PVAP) approuvé, ou dont la restauration a été déclarée d’utilité publique : réduction de 22 %.

Comment est calculé l’avantage ?

  • Les dépenses retenues sont les travaux de restauration, imposés ou autorisés par l’architecte des Bâtiments de France, ainsi que certaines charges (réparation, amélioration, frais d’association foncière urbaine).
  • Elles sont prises en compte à partir du permis de construire et jusqu’au 31 décembre de la 3e année suivante, dans la limite de 400 000 € par contribuable sur 4 années consécutives.
  • La réduction s’impute l’année du paiement des travaux ; si elle dépasse l’impôt dû, le solde est reportable sur les 3 années suivantes.
  • Avantage majeur : la réduction Malraux n’entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales. Elle peut atteindre 120 000 € (30 % de 400 000 €) sur 4 ans.

Vos engagements

  • Louer le logement nu, comme résidence principale du locataire, pendant 9 ans, dans les 12 mois suivant l’achèvement des travaux.
  • Ne pas louer à un membre de votre foyer fiscal, à un ascendant ou à un descendant.
  • Si vous investissez via une société civile, conserver vos parts jusqu’à la fin de l’engagement.

Exemple : un appartement acheté 380 000 €, dont 250 000 € de travaux, dans un secteur couvert par un PSMV. Réduction d’impôt : 250 000 € × 30 % = 75 000 €, imputée au rythme des appels de fonds travaux.

Source : article 199 tervicies du CGI.

Déduction du revenu global · articles 156 et 156 bis du CGI

Le régime des Monuments historiques

Un immeuble classé ou inscrit au titre des Monuments historiques (ou agréé par le ministère) bénéficie du régime fiscal le plus favorable du patrimoine immobilier : les travaux de restauration et les charges sont déductibles du revenu global, sans plafond.

Sans plafonddéduction des travaux et charges

100 %des travaux de restauration déductibles s’il est loué

15 ansde conservation du bien

Transmissionexonération possible des droits de succession sous conditions

Comment ça fonctionne ?

  • Quand le bien est loué, les travaux et les charges foncières forment un déficit imputable sur le revenu global sans la limite habituelle du déficit foncier.
  • Le régime n’est pas concerné par le plafonnement global des niches fiscales.
  • L’économie d’impôt dépend donc directement de votre tranche marginale d’imposition : plus vous êtes imposé, plus l’avantage est élevé.
  • Les travaux sont conduits sous le contrôle des services de l’État (DRAC, architecte des Bâtiments de France).

Les conditions

  • Conserver le bien pendant au moins 15 ans à compter de son acquisition.
  • Pour un immeuble divisé en lots (copropriété), un agrément du ministère du Budget est nécessaire, après avis du ministère de la Culture.
  • Le bien ne peut pas être détenu par une société soumise à l’IS ni en démembrement de propriété (sauf exceptions).

Bon à savoir : l’immeuble peut aussi être transmis en exonération de droits de succession, sous réserve d’une convention conclue avec l’État (article 795 A du CGI).

Sources : articles 156 (I-1° et II-1° ter) et 156 bis du CGI ; article 795 A du CGI.

À connaître aussi

Le déficit foncier

Hors secteur protégé, la rénovation d’un logement ancien loué nu permet de déduire les travaux des loyers. Si les charges dépassent les loyers, le déficit s’impute sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an, et de 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique qui font passer le logement d’une classe E, F ou G à une classe A à D, payés jusqu’au 31 décembre 2027.

Le surplus est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Le logement doit rester loué jusqu’au 31 décembre de la 3e année suivant l’imputation.

Source : article 156, I-3° du CGI ; prorogation du plafond de 21 400 € par la loi de finances pour 2026.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler Malraux et Monuments historiques ?

Non, pas sur les mêmes dépenses. Un immeuble classé ou inscrit relève du régime des Monuments historiques ; un immeuble non protégé situé dans un site patrimonial remarquable relève de la loi Malraux.

Que se passe-t-il si je revends avant la fin de l’engagement ?

L’avantage fiscal est repris l’année de la rupture de l’engagement, sauf cas prévus par la loi (invalidité, licenciement, décès).

Ces dispositifs conviennent-ils à un petit budget ?

Ils s’adressent surtout aux contribuables fortement imposés : l’avantage est proportionnel aux travaux et à votre impôt. Nous étudions avec vous l’intérêt réel avant tout engagement.

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Les informations de cette page sont données à titre général, à partir des textes en vigueur en octobre 2026. Elles ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Rapprochez-vous de votre conseiller ou de votre expert-comptable avant d’investir. Le non-respect des engagements entraîne la perte de l’avantage fiscal.

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